Vous pensez être un imposteur : comment surmonter cette peur qui bouffe votre réussite

Dans cet article, je vais mettre à l’honneur ceux qui abusent leurs collègues, leurs amis, leurs supérieurs et s’attendent à être démasqués du jour au lendemain. Ah j’en vois qui se disent : « Chouette ! Elle va balancer des gens ! » Que nenni ! J’emploie une phrase trash pour souligner l’incongruité de ce sentiment d’insécurité injustifié qui résume bien comment les personnes touchées par le « syndrome de l’imposteur » jugent leur réussite et leur parcours.

Cette semaine, je décortique le syndrome de l’imposteur parce que c’est une problématique souvent abordée en matière de recherche d’emploi et dans le monde du travail. Je vais passer en revue les profils et les moments les plus sujets à cette expérience et donner quelques conseils pour mieux la maîtriser. L’article se clôturera par une réplique de film que je vous recommande grandement de méditer quand vous pensez ne pas mériter les compliments.

Le syndrome de l’imposteur a toujours une bonne raison

Le syndrome de l’imposteur est un terme psychologique qui ne veut rien dire d’autre que « doute maladif quant à ses compétences et réussites ». Vous sortez clairement du lot mais vous vous répétez : « Ouais mais c’est un coup de chance… » ou « Ouais mais je connaissais quelqu’un qui… » ou « Ouais mais ».. Non ! On arrête tout de suite ou je lâche mon (petit) fauve ! Là, c’est plus de la modestie, c’est clairement un manque de respect envers soi-même et ça, je n’aime pas !

A quoi reconnaitre une expérience d’imposture maladive

A quoi reconnait-on une personne touchée par ce syndrome, qu’on appelle aussi « syndrome de l’autodidacte » ? A cinq croyances :

  • Je me sens toujours limité dans mes projets
  • Je n’ai pas les expériences suffisantes pour postuler à cet emploi
  • Je n’ai pas le bon diplôme, celui qui me permettrait de poser ma candidature à cet emploi
  • Mes créations ne sont pas assez bien pour mériter d’être vendues
  • Imagine qu’on pense que ce job n’aurait pas dû me revenir et que je passe pour un pistonné

Les moments de doutes ne doivent pas être récurrents

Attention, on a tous à un moment donné douté de nous-même. C’est humain et celui qui n’a jamais de doute tient plus du robot que de l’humain. Là où ça devient fâcheux, c’est quand ces incertitudes durent dans le temps et deviennent fréquentes. « Je ne suis pas à la hauteur »… cette phrase le cerveau va l’imprimer. Vous allez mettre en place des comportements, des systèmes de défense (hormonale, entre autres) et le petit sac de certitudes va tellement gonfler (parce que vous allez en faire trop pour compenser vos pseudo défaillances) qu’à terme, le corps va prendre le dessus et vous ramener à l’ordre d’une façon plutôt radicale. En mode « burn-out » ou « dépression ».

Qui est susceptible de développer un syndrome de l’imposteur

Qui peut-être touché par ce syndrome ? Plus de femmes que d’hommes ? Faux, c’est kif-kif bourriquot. D’après les recherches que j’ai menées pour rédiger cet article, le syndrome de l’imposteur touche principalement :

  • Les personnes brillantes
  • Les artistes
  • Les autodidactes
  • Les personnes à responsabilités mais sans « grand diplôme »
  • Les femmes exerçant dans un milieu d’hommes
  • Les personnes qui gravitent rapidement les échelons
  • Les personnes qui changent de métiers à plusieurs reprises au cours de leur carrière

Il existe des moments plus propices aux incertitudes

Il y a aussi des moments plus sensibles que d’autres dans une vie où l’on peut être sujet aux doutes maladifs :

  • Au commencement d’études supérieures
  • Au commencement d’une nouvelle promotion
  • A un changement d’emploi
  • A la naissance d’un enfant

Partage d’un souvenir de jeunesse avec une perfectionniste XXL

Allez ! Je replonge dans mes jeunes années.. Il y avait une fille dans ma classe, Marie-Noëlle – que je surnommerai Maïté pour garantir son anonymat -, qui était toujours la première de classe dans toutes les matières. Qu’est-ce qu’elle me gonflait celle-là. Bon, j’avoue qu’elle me gonflait parce qu’à cause d’elle je tombais deuxième dans le top des meilleures élèves de la classe, mais pas que… Elle m’exaspérait aussi parce qu’avec même un 19/20 en maths, elle parvenait à sortir : « Nan mais si j’avais mieux écrit ma formule avec un bic bleu au lieu de noir, il m’aurait mis 20 ». Non, ma chérie, non ! Savoure le moment présent : prends ton 19 et, par pitié, tire-toi ! (#LaBiseSiElleMeLit) Un peu de décence, y en a qui n’ont eu que 13. Soyez perfectionniste mais modérez-vous et n’en faites pas une obsession.

J’ai aussi cru être une grande imposture

J’ai eu ma phase « syndrome de l’imposteur ». Dans mes premières années en tant que journaliste : j’avais honte de partir à l’heure, je bossais le week-end, je culpabilisais dès que je faisais autre chose et je pensais, sans doute manipulée par ma hiérarchie, que la quantité était l’élément le plus important à la fin du mois. Ah clair que certains étaient très heureux de vanter ma productivité ! Pour quelle finalité ? Etre workaholic, c’est également un des profils cachés derrière ce syndrome. Pour le contrer, je vous recommande la méthode « meilleure amie ». Qu’est-ce que ta BBF te dirait si elle te voyait coucher tous les soirs sur un canapé dans ton bureau ? Ca suffit comme curseur interne pour savoir si vous êtes dans le bon et si vous n’en faites pas un peu trop.

Apprendre a ses limites : la mise en action

Troisième profil rencontré : les degree lovers. Oui, c’est assez simple malgré ce nom à coucher dehors. C’est la personne qui multiplie les formations, qui pense qu’elle n’en saura jamais assez sur un sujet et qui ne postule que si elle est capable de répondre à toutes les tâches décrites dans une offre d’emploi. Ces têtes bien pleines, d’une curiosité hors norme, n’ont qu’un objectif : APPRENDRE, APPRENDRE et APPRENDRE. Le souci est qu’elles ont tendance à procrastiner et à repousser la mise en action. Ouais… en gros, tu apprends à nager mais une fois que c’est fait tu hésites à te mettre à l’eau parce que tu n’y connais rien sur le sens du vent.

Comment soigner le syndrome de l’imposteur

Le syndrome de l’imposteur, en soi, n’est pas un problème, c’est quand il dicte nos choix et nos vies qu’il le devient. J’aimerais vous dire que le syndrome de l’imposteur se soigne à coup d’aspirines. Malheureusement c’est impossible encore moins quand on fonctionne comme ça depuis plusieurs mois ou années. L’un de mes premiers conseils serait de lâcher prise : autant accepter que parfois on sera plus apte qu’un autre et, parfois, d’autres seront plus capables que nous.

Cinq conseils pour surmonter vos doutes maladifs

Mais il y a aussi d’autres petits conseils pour avancer :

  • Répéter à haute voix « Je suis une grosse arnaque, j’abuse mes collègues, mes amis, mes chefs et je sais qu’un jour je vais être démasqué ». Dites-le vraiment à haute voix et vous verrez que votre pensée est si extrême qu’elle n’a ni sens ni fondement. Maupassant utilisait la même technique pour savoir si ses phrases étaient correctes. Vous, vous l’utiliserez pour savoir si elles sont justes.
  • Se dire que l’on est pas seul : entre 60 et 70% de la population mondiale serait concernée par ce syndrome. Pourquoi ne pas en parler à votre entourage. Vous verrez que beaucoup de personnes autour de vous sont elles-mêmes touchées par ces limitations alors qu’elles ne le devraient pas. En échangeant, vous allez vous rendre compte que ces doutes infondés sont le propre miroir des vôtres et un déclic peut avoir lieu.
  • Accepter les compliments et arrêter de dire « Je n’ai aucun mérite… » : kiffez vos victoires et, je vais même aller plus loin, créez-vous un « gratitude board » où vous listez toutes les fois où vous avez été utile et récompensé. Au bout du 30e exemple, vous ne pourrez plus vous dire que « c’est un coup de chance… »
  • Ne pas se comparer aux autres parce que, sous les aspects apparents, ils sont peut-être tout autant bourrés de doutes que vous. Vous êtes vous : acceptez d’être authentique. Copier n’a jamais été l’apanage des marques qui réussissent. Regardez David Bowie, vous pensez qu’il aurait fait cette carrière s’il s’était réveillé un matin en se disant : « Tiens ! J’vais copier Paul Macartney pour vendre plus de disques ! »
  • Passer à l’action en découpant vos objectifs : ne visez pas forcément de grands projets, le « step by step » fait des miracles sur le long terme et sur le moral.

Le magicien d’Oz, la voix de la sagesse

Il y a un film qui en parle très justement et que je ne peux que grandement vous conseiller si vous doutez souvent de vous : « Le magicien d’Oz » de Victor Fleming. Souvenez-vous : Dorothy qui doute de pouvoir s’opposer à une méchante sorcière part à l’aventure avec trois personnages qui doutent encore plus d’eux-mêmes. L’épouvantail dit qu’il manque de cerveau. L’homme en fer blanc pense qu’il manque de cœur et le lion n’a pas de courage. Au fil de l’histoire, ils découvrent qu’ils ne manquent de rien. Et c’est le magicien d’Oz qui va leur apporter le déclic. Voici ci-dessous le dialogue pour que vous puissiez le méditer régulièrement.

L’épouvantail : Que va devenir le cœur que vous promettiez à Fer Blanc ? Et le courage que vous promettiez à ce froussard de lion ? Fer Blanc : Et la cervelle de l’homme de paille ? Le magicien d’Oz : Réfléchissez ! Tout le monde a une cervelle et c’est un bien médiocre avantage. Même le plus insignifiant des êtres qui courent sur la terre ou qui nagent ou qui volent possède une cervelle. Moi je suis né dans un pays où il y a des grandes universités et de grandes écoles où l’on apprend à devenir un penseur. Les penseurs abondent mais les grands esprits n’ont pas plus de cervelle que vous n’en avez ! Mais ces hommes-là ont une chose qui vous manque : un diplôme. Heureusement, on peut y remédier. (…) Vous, le roi des poltrons, vous êtes victime d’une erreur psychologique. Vous restez sur cette fâcheuse illusion que le simple fait d’éviter tout danger est un manque de courage.

Vous confondez courage et prudence. Au pays où j’ai été élevé, nous avons élevé des héros. Tous les ans, ils tirent de la naphtaline, paradent dans les rues de la ville. Ils n’ont certes pas plus de courage que vous n’en avez mais ils possèdent une chose qui vous manque : une médaille ! (…) Quant à vous, mon ami galvanisé, vous voulez un cœur mais vous ignorez que de ne pas en avoir est un gage de bonheur. Avoir un cœur ne sera jamais vraiment très pratique tant qu’on n’en fera pas de véritablement incassable. Au pays où j’ai été élevé, on en voit toujours en quête de peines à soulager, ces gens-là sont des phi… des gens généreux et leur quête est pareille à la vôtre mais ces gens-là possèdent une chose qui vous manque : des témoignages de gratitude (…) Et n’oubliez pas qu’on juge non seulement un cœur à l’amour qu’il porte aux autres mais aussi à l’amour que les hommes vous portent.

L’imposteur s’appelle Willam Van Heuse

Un imposteur, ce mot me fait sourire parce qu’il me rappelle le titre donné à une de mes nouvelles dans mon premier recueil, « Les aventures inhumaines ». C’est comique de le voir utilisé dans le domaine du travail et de la recherche d’emploi, d’autant plus quand on sait que mon intrigue se passait dans une entreprise. Vous allez me demander comment ça se finit pour Willam Van Heuse ? Je ne vous le dirai certainement pas, vous n’avez qu’à le lire par vous-même !

Le syndrome de l’imposteur n’est pas un problème en soi, c’est quand il dicte nos choix et nos vies qu’il le devient.

S.Z.
Une femme est démasquée
Cliquez sur la photo pour découvrir la chanson qui illustre cet article.

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