Fanny Caufriez : « Le plus important dans un licenciement est de se faire plaisir »

Fanny Caufriez a répondu à quelques questions sur les bienfaits de la méditation au moment d’un licenciement et livre quelques pistes de réflexion si vous songez à une reconversion professionnelle. Cette interview fait suite au portrait « De l’enseignement à la méditation ».

Sandra Zatloukal : Quels sont les bienfaits de la méditation ?
Fanny Caufriez : Avant même de parler de méditation, je dirais que le simple fait de profiter de chaque instant en pleine conscience est un bon début. C’est un retour à soi et c’est très important surtout pour gérer l’après-licenciement et envisager une (re)mise en action. La méditation permet de se poser et de se reconnecter. Elle aide à lâcher prise ou à se recentrer sur soi si, par exemple, on a eu trop tendance à s’oublier au profit d’un employeur ou d’une entreprise.

S.Z.: Tu conseilles de méditer combien de fois par jour ?
F.C. : Il n’y a pas vraiment de règles établies. C’est déjà très bien de méditer 5 minutes par jour ou 1 à 2 fois par semaine avec un temps de méditation plus long. Le matin pour visualiser une belle journée ou le soir pour agir sur ou pour calmer son inconscient. C’est souvent lui qui fait naître le plus d’inquiétudes.

S.Z. : Si on n’est pas trop méditation, qu’est-ce qu’on fait ?
F.C. : Il y a beaucoup d’autres méthodes qui peuvent aider comme la respiration en pleine conscience, la sophrologie, etc. On peut en profiter pour procéder à un nettoyage de ses chakras. Le plus important, après avoir perdu son emploi, est de se faire plaisir et de prendre soin de soi. Je pense aussi que le simple fait de créer, de bricoler ou d’inventer des choses est un excellent moyen de se déconnecter un court instant de l’extérieur, se reconnecter à son être intérieur, et se mettre en action. Il faut se montrer patient et se donner le temps. La vie vous offre un moment de flottement et il est important de se demander ce qu’il est bon d’en faire. Transformer une épreuve en une expérience de vie, une promesse de nouveaux défis.

S.Z. : Au moment de mon licenciement, une connaissance m’a demandé si je n’avais rien vu venir comme si je devais me sentir coupable des évènements ou de ne pas les avoir anticipés. Quels conseils as-tu à donner à des personnes qui peuvent mal vivre ce sentiment ?
F.C. : Au-delà du sentiment de culpabilité, il peut y avoir une jolie prise de responsabilités après avoir été licencié. Ok, j’ai été viré mais qu’est-ce que je fais de cette épreuve ? Ca peut être le début d’une nouvelle étape de vie, de quelque chose de plus beau. Il faut oser se dire qu’il y a une belle surprise au bout. Dans le cas d’un licenciement parce qu’on a commis une faute, par exemple, c’est peut-être votre moi profond qui a parlé et dit : « Je ne veux plus de ce travail ». Là, il convient de se demander pourquoi. Je n’aime pas le terme « coupable » parce que cela sous-entend qu’il existe un bourreau et une victime et il n’est jamais sain de rester dans un statut de victime. Il faut ne pas subir une perte d’emploi mais en faire quelque chose pour rebondir !

S.Z. : Pour toi, le licenciement est-il un deuil ?
F.C. : Oui. Il y a un deuil à faire, une acceptation et ensuite une reconstruction. Il faut se donner du temps et voir ses propres ressources, ce que l’on aime et ce que l’on n’aime pas, retrouver son enfant intérieur. Dresser l’état des lieux de ses qualités, de ses compétences, ce qui allait au travail et ce qui n’allait pas, et non pas se focaliser sur les raisons de son licenciement. Une fois que ce processus est terminé, on peut envisager de se pencher sur sa part de responsabilités consciente ou inconsciente.

S.Z. : Suis-tu des personnes qui viennent d’être licenciées ?
F.C. : Oui. Je leur explique d’abord qu’elles ne doivent pas en faire une affaire personnelle. Dans mon travail de coach, je mets surtout l’accent sur les ressources. Parfois on les découvre tout seul mais c’est bien aussi d’être accompagné. Je leur explique également que lâcher-prise est super important dans la phase de reconstruction.

S.Z. : Existe-t-il des exercices pour trouver sa reconversion ?
F.C. : Pas un mais des dizaines d’exercices. Je conseille toujours de repartir de la base – en nourrissant son enfant intérieur – et de laisser le temps faire. J’aime bien travailler sur les chakras pour les aider à se rééquilibrer. Plus on les purifie, plus on voit qui on est. L’un des meilleurs moyens pour réactiver son étincelle de vie est de créer : coudre, peindre, dessiner, écrire, tricoter, etc. La création donne de l’énergie et, l’énergie, c’est bon pour l’action. La création aide à sortir de sa zone de confort. Partir de quelque chose qu’on sait faire et en expérimenter de nouvelles utilisations. J’encourage la lecture d’articles, d’ouvrages qui boostent. Se focaliser sur des choses positives et qui apportent de l’espoir. Je ne dis pas de mettre un couvercle sur les choses négatives mais de retarder la confrontation avec elles. Il sera bien temps de les gratter quand on sera dans une énergie positive.

Sandra Zatloukal

Fanny Caufriez dans son bureau de consultations à Dour, près de Mons.

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