Cette semaine, j’ai eu envie de vous emmener dans les coulisses de mes recherches. Faire de la généalogie est un travail d’enquête qui demande beaucoup de patience mais aussi d’organisation. Vous avez envie de vous lancer ? Vous vous demandez comment bien débuter vos recherches d’ancêtres ? Faut-il privilégier l’arbre papier ou les logiciels en ligne ? Entre découvertes dans les archives et encodage sur Geneanet, je vous partage mon expérience personnelle et mes astuces – de « l’arbre-brouillon » à la fiche personnelle – pour ne pas se perdre dans les informations.
L’arbre-brouillon : mon plan de vol pour ne pas se perdre
Ma méthode de travail repose sur un double encodage : je conserve le fruit de mes recherches d’abord sur papier avant de les encoder sur un support numérique. Pour ne jamais me perdre dans la liste des noms et des ancêtres, j’ai créé un « arbre-brouillon » qui me sert de plan de vol. Il m’aide à visualiser en un clin d’œil le dernier ancêtre sur lequel j’ai travaillé. Une fois cet ancêtre identifié, je consulte sa fiche individuelle dans mon classeur. C’est à cet endroit que je récupère les indices glanés sur ses parents et qui me permettront de remonter sa lignée et de commencer mes recherches dans les actes. Voici à quoi ressemble mon « arbre-brouillon ».


A l’avenir, je pense zapper cette étape parce qu’elle va me demander beaucoup trop de feuilles blanches. Pour ne conserver que l’outil similaire proposé par Geneanet dont je vais vous parler maintenant. En effet, je suis occupée à encoder tous mes ancêtres sur cette plateforme. Cela demande quand même beaucoup de temps et entre mes obligations professionnelles et mes activités quotidiennes, il m’arrive de ramer pour avancer aussi vite que je le voudrais. Heureusement, Geneanet propose une fonction « Ancêtres manquants » qui me sert également de guide. Elle m’indique précisément quel est le dernier couple d’aïeux sur lequel je dois concentrer mes efforts. Voici à quoi ressemble cet outil :

La leçon du bug informatique
Certains demanderont : « Oui, mais pourquoi n’encodes-tu pas chaque jour pendant 30 minutes ? ». C’est déjà ce que je fais chaque jour mais ce temps, je le consacre à l’encodage des actes de mariages de la commune de Ghlin. Autre question : « Pourquoi je travaille encore sur papier ? » d’autant que je bosse dans le digital. Parce que je ne suis pas à l’abri d’un incident technique… et j’en ai fait l’expérience ! Un jour, lors de la mise à jour de mon logiciel de généalogie, un bug a effacé l’entièreté de mes données. Mes documents papier m’ont sauvée, même s’il a fallu tout ré-encoder. C’est une leçon que je n’oublierai pas : c’est en faisant des erreurs qu’on se perfectionne.
Geneanet est une piste, les actes sont des preuves
Geneanet, je m’en sers également pour commencer mes recherches. Je compare les identités des parents repris sur les actes de naissance de mes ancêtres avec ce que la plateforme propose. Je vais vous montrer un cas avec le dernier couple sur lequel j’ai travaillé : Louis Joseph DRUART né le 11 juillet 1737 à Ghlin et Thérèse Joseph MOULIN, née le 5 mai 1732 dans la même commune.
Il ne faut donc jamais rien prendre pour argent comptant. Si vous voulez rendre un travail sérieux, il faut tout vérifier.
Ensuite, je me plonge dans les registres officiels et je vérifie chaque donnée trouvée sur Geneanet. Parce que, soyons honnêtes, les erreurs sont fréquentes sur les plateformes collaboratives. Un doigt qui ripe et qui enregistre une mauvaise date de naissance. Un individu qui s’est trompé d’épouse et l’erreur se retrouve dans l’arbre de quelqu’un d’autre qui a « juste » copié ce qu’il a trouvé. Il ne faut donc jamais rien prendre pour argent comptant. Si vous voulez rendre un travail sérieux, il faut tout vérifier.
Pourquoi il faut toujours vérifier les sources sur Internet
Cela va vous demander beaucoup de patience. Une fois l’acte de mariage repéré, je remonte systématiquement cinq ans en arrière pour vérifier s’il y a eu des naissances hors mariage et j’épluche les tables ou les registres de naissances année après année jusqu’au décès du couple ou jusqu’à ce qu’ils atteignent un âge avancé. En général, je ne vais pas plus loin qu’aux 50 ans des parents. Cette méthode est longue mais passionnante. Je valide ainsi les informations existantes, je débusque les enfants non repris par les autres généalogistes ou je répertorie les éventuels décès prématurés de leur descendance.
Dans le cas de Louis Joseph DRUART et de son épouse Marie Thérèse MOULIN, le couple n’a eu que trois enfants : Nicolas Joseph né à Ghlin le 22 novembre 1770, Emmanuel Joseph (mon ancêtre direct) né à Ghlin le 8 décembre 1771 et Constance Joseph née à Ghlin le 17 décembre 1773. Il n’y a eu aucune découverte non connue, pour le moment, dans le cas qui nous occupe.
Reconstituer les fratries complètes : bien plus qu’une lignée directe
Je ne fais pas juste une généalogie de lignée. J’aime que mon travail soit précis et surtout complet. Sur Geneanet, on trouve souvent des fratries qui ne comprennent qu’un seul enfant car beaucoup d’internautes se concentrent uniquement sur leur ancêtre direct. Je ne fais pas comme ça : je cherche la fratrie complète. C’est une étape essentielle pour ne pas passer à côté de l’histoire globale de ma famille. De plus, cela va largement me faciliter la tâche quand je m’attaquerai à mes ancêtres collatéraux.
Je ne fais pas juste une généalogie de lignée. Je cherche la fratrie complète.
La fiche individuelle pour centraliser les indices
Pour chaque couple, je rédige une fiche individuelle. Elle reprend TOUTES les informations récoltées. C’est un outil indispensable : quand je remonte d’une génération, je n’ai pas besoin de fouiller mes notes, tout est centralisé à un endroit. Pour illustrer mon travail de fourmi, je vous propose de découvrir les fiches de mes ancêtres Louis Joseph DRUART et Thérèse Joseph MOULIN :


L’information devient matière avec les « mini-arbres »
Je ne m’arrête pas en si bon chemin. Je réalise des mini-arbres par branche, où je regroupe tous les détails d’une lignée, y compris l’ensemble des enfants. Cette méthode me permet d’avoir une vision globale en un clin d’œil. C’est un gain de temps précieux, je ne vous le cache pas, quand je dois réencoder mes propres découvertes sur Geneanet. Par ce travail fait main, j’ai aussi l’impression de mieux intégrer les informations par le corps. L’information devient matière. Encore une fois, je vous propose de voir à quoi ce document ressemble.


Transmission et patience
Voilà vous savez tout sur ma méthode de travail. La recherche généalogique est un équilibre parfait ente l’efficacité du numérique et la sécurité du papier. Que ce soit pour retracer la vie d’un ancêtre en un clin d’œil que pour avancer sur ses générations grâce à la fiche individuelle, la généalogie demande beaucoup d’organisation. Elle impose aussi de toujours vérifier les informations que l’on trouve sur Internet. Et votre meilleure arme sera la patience. Et vous, quelle est votre méthode de travail ? Avez-vous de conseils ? Etes-vous adepte du 100% papier ou gardez-vous des notes manuscrites ? Dites-moi tout dans les commentaires.
La check-list pour bien faire avancer sa généalogie
Pour ne pas se perdre dans les méandres du passé, voici le résumé de ma routine de travail :
1. Le double archivage pour assurer la sécurité du travail : Toujours garder une trace papier (mon arbre-brouillon) en plus de l'encodage numérique. C'est votre filet de sécurité contre les bugs informatiques !
2. La chasse aux fratries pour enrichir votre travail : Ne pas se limiter à l'ancêtre direct. Explorez tous les enfants d'un couple pour découvrir des histoires oubliées et valider les dates.
3. La preuve par l'acte pour montrer la rigueur de votre travail : Ne jamais prendre les données de Geneanet pour argent comptant. Vérifiez systématiquement dans les registres paroissiaux ou d'état civil.
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