La généalogie génétique : un débat familial délicat

J’ai été rattrapée par l’actualité cette semaine, je souhaitais vous faire un article sur les prénoms rencontrés dans ma généalogie mais un fait divers m’a amenée à parler des tests ADN réalisés pour le loisir et susceptibles d’aider la police à retrouver des auteurs de crimes et de délits. Dans cet article, je vous explique pourquoi je suis contre cette pratique de la généalogie et ce, à quoi il convient de réfléchir avant de se lancer.

Un fait divers récent a bousculé mon calendrier de publication. Je devais vous parler des prénoms les plus utilisés dans ma généalogie — avec l’anecdote passionnante du choix de mon prénom  — mais en lisant un article sur la résolution d’un cold case français, je me suis dit : « Oublions les prénoms, concentre-toi Zatloukal sur la généalogie génétique ! »

Soyons francs :  je ne suis pas fan cette technologie, elle me met mal à l’aise. Pour moi, c’est un peu comme jouer à la roulette russe. Une fois tes données reprises sur des bases (commerciales ou publiques), bonne chance pour savoir qui y a accès ! Et puis, partager des informations sensibles avec des entreprises étrangères dont tu ignores tout, y compris la politique commerciale ou… le risque de faillite future, c’est un peu comme confier les clés de ta maison à un inconnu sous prétexte qu’il a l’air sympa.

Le risque de piratage : pas un scénario de science-fiction

Autre spectre à prendre en considération : aujourd’hui, même un petit hacker de quartier peut pirater des hôpitaux, des administrations, ou des grandes entreprises. Pas forcément parce qu’il est génial, juste parce que quelqu’un a oublié de mettre à jour un mot de passe. Résultat : vos données peuvent finir sur le dark web et servir d’appât pour des arnaques bien ficelées notamment grâce à l’intelligence artificielle. Exemple concret : un escroc récupère vos données génétiques et vous appelle pour vous dire qu’un « risque médical grave » a été détecté. Il vous demande ensuite de payer une nouvelle analyse ou une assurance spéciale, sous peine de tout perdre. C’est malheureusement ça le danger actuel ! 

Des informations qui concernent… toute la famille

Mais ce n’est pas tout. Vos informations concernent aussi tous les membres de votre famille, même ceux qui n’ont rien demandé. Une découverte imprévue (non-paternité, cousin inconnu, etc.) peut créer des tensions et des chocs émotionnels à travers tout l’arbre généalogique et de la branche directement concernée. Ma question est donc  : toute vérité est-elle bonne à connaître ?

Exemple concret dans la Revue française de généalogie

Dans la Revue française de généalogie d’octobre et de novembre 2025, une lectrice confie son retour d’expérience après avoir fait un test. Selon ce dernier, elle aurait une correspondance avec une dame qui serait soit sa demi-sœur soit une cousine germaine. L’enquête démarre. En discutant avec leurs parents, les enfants apprennent que leur mère a dû recourir à une P.M.A avec deux donneurs différents pour ses trois enfants parce que son époux était stérile. Le benjamin n’a donc pas été conçu à partir du même donneur. La lectrice sort de cette expérience troublée et en colère : même si son plus jeune frère, lui, a trouvé des réponses à ses questions intérieures, elle, elle pense avoir perdu son temps pendant sept ans sur un arbre qui, au final, s’avère biaisé. Elle termine néanmoins son courrier sur une note positive.

Quand l’ADN devient un verdict médical difficile à porter

Côté santé, les tests peuvent révéler des risques génétiques parfois difficiles à gérer. En France, c’est moins fréquent (tests interdits, même si certains s’y risquent quand même), et en Belgique, c’est strictement encadré. Il existe pourtant des cas extrêmes où la nouvelle tombe comme un coup de massue : Comment envisager sereinement le futur si on t’annonce que tu es porteur d’un gène responsable de la maladie d’Alzheimer ?  Sans accompagnement médical, l’interprétation des résultats peut être anxiogène, voire dangereuse.

Résolution d’enquêtes et progrès scientifiques

Oui, certains diront : « Parfois, ça peut être positif ! » Certes… comme retrouver un agresseur grâce à un test génétique. Franchement, est-ce que j’ai envie de découvrir que je suis liée à un tueur en série, ou que quelqu’un dans ma famille l’est ? NON, mille fois non. Et ce n’est pas de la théorie : dans l’affaire du Golden State Killer, par exemple, ce n’est même pas le criminel qui avait fait un test, mais un lointain cousin. Les enquêteurs ont juste déroulé la pelote familiale jusqu’à lui. Comment l’a vécu le fameux cousin ? J’ose à peine l’imaginer… Ou alors, ce cousin était comme des milliers de tarés qui vénèrent ces tristes personnages. C’est ça aussi l’époque actuelle !

Des retrouvailles familiales parfois bouleversantes… ou glaçantes

Donc oui, même si Pierre, Paul ou Jacques font un test « pour le fun », ça peut avoir des conséquences très concrètes pour un autre membre de la famille, qui n’a rien demandé et qui vivra peut-être très mal d’apprendre qu’il partage des gènes avec ce genre d’individu.  Moi, j’aime croire que je suis une fée qui répand des paillettes… pas le fruit d’un obscur croisement entre un yeti et un vélociraptor grincheux.

Des tests qui nous veulent vraiment du bien ?

Je refuse que des résultats génétiques, même faits sur un autre membre de ma famille, puissent aussi être utilisés contre moi par des employeurs ou des assureurs. On pourrait me traiter de complotiste, mais l’histoire montre que les décisions prises « pour notre bien » ne sont pas toujours restées en notre faveur. Et soyons honnêtes : notre époque n’est pas exactement connue pour nous rassurer à ce sujet. 

Ma position aujourd’hui… et l’expérience d’Arnaud

Voilà toutes les raisons pour lesquelles je suis contre les généalogies génétiques. Néanmoins, étant de nature ouverte au débat (en tout cas plus que pendant ma vingtaine), j’ai voulu confronter mon avis à un utilisateur. Pour cela, j’ai choisi Arnaud B, un lointain cousin – notre cousinade remonte à la fin du 18e siècle de par Adrien Joseph Urbain, un de mes ancêtres préférés en plus, qui a déserté quelques semaines son bataillon dans l’armée de Napoléon pour faire “je ne sais quoi” – et je lui ai demandé de me partager son expérience sur la généalogie génétique. Va-t-il parvenir à me faire changer d’avis dans mon prochain article ? … sur les test ADN, hein, pas sur mon ancêtre préféré !

LE NOUVEAU GADGET DE LA GENEALOGIE GENETIQUE
Ancestry, dans sa quête perpétuelle pour vous prouver que vous êtes spécial unique a lancé le service le plus essentiel de notre époque : l'option « Trouvez votre sosie dans le monde» dans ses tests ADN. Oubliez la maladie génétique, les origines ethniques exotiques, ou la simple parenté ! Non, l'important, c'est de savoir qui, sur cette Terre, a eu la chance d'avoir le même nez que vous. Grâce à une magie algorithmique, leur panel massif est fouillé à la recherche de celui ou celle qui partage vos traits physiques. Imaginez le pitch : « Trouvez votre jumeau de bureau ! » Franchement, je ne suis toujours pas convaincue par cette généalogie génétique... ou devrais-je dire, cette généalogie esthétique ?
Deux individus se battent pour une hélice d'ADN dans un laboratoire, illustrant les conflits familiaux délicats causés par la généalogie génétique.
La bataille pour l’ADN et son impact de la généalogie génétique sur les relations familiales. Un débat souvent délicat.

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